Jeudi 19 janvier 2006
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Voila plus d’un an que nous avions acheté nos places pour le 18 janvier 2006, c’était donc hier notre concert de Mylène Farmer à Bercy. Nous nous installons à nos places qui se trouvent assez proches de la fosse, sur le coté. La salle est bondée, la scène habituelle (principale) reproduit le décor d’un temple, fermé par une lourde porte métallique dorée ornée de personnages. Une autre scène centrale, en forme de croix allongée, atteint presque le fond de la salle de concert et nous fait face au milieu de la fosse. Pas de forêt renversée au plafond, ni de lune rousse comme l'indiquait la rumeur ! 20h45, un court métrage animé démarre sur un écran géant. Certains y voient une allégorie de la catastrophe d’Hiroshima ; personnellement, Alex et moi, restons assez dubitatifs et attendons surtout avec impatience, comme tout le reste du public, l’arrivée de Mylène. 21h15, après un court entracte, la salle s’éteint enfin. Attention, maintenant on vous dit tout...
Shutshutshut Shut up ! Les amplis ouvrent le début du concert par les premières notes énergiques de Peut-être toi. Mylène n’apparaît pas tout de suite. Une « capsule » transparente s’illumine alors du plafond de la salle, au niveau du milieu de la scène centrale. Les téléphones portables, visibles un peu partout dans la fosse par leur petit écran bleu, prennent en photo l'icône (nos photos du concert sont ratées, tant pis on attendra les officielles !). Alors que la capsule descend, nous commençons à distinguer Mylène allongée à l’intérieur les yeux fermés et les cheveux courts faussement ébouriffés. Une fois à terre, des porteurs soulèvent le « sarcophage », dirons certains, une passerelle descend entre la scène centrale et la scène principale et Mylène y est emmenée. La capsule se relève ensuite à la verticale et la star ouvre les yeux comme après des années de cryogénisation. La chanson Peut-être toi que tout le monde attendait en ouverture tient pleinement ses promesses. Les tensions se relâchent, Bercy est debout et danse, Mylène, magnifiquement vêtue de broderies dorées et d’une cape frangée, sourit et joue avec le public, ce qu’elle n’arrêtera pas de faire durant tout le concert. Elle est lumineuse, jamais nous ne l’avions vu aussi heureuse et épanouie.
S’enchaînent ensuite quatre chansons sans chorégraphie dont XXL, Dans les rues de Londres, California et Porno Graphique. Mylène renoue avec son public et déambule en sillonnant la scène principale. Des danseurs espagnols assurent la transition pour permettre à la chanteuse de changer de tenue. Et c’est mutine, en chapeau haut de forme et robe aux allures de plumes d’autruche, qu’elle revient entonner Sans Contrefaçon, QI et C’est une belle journée. Pour la petite anecdote, sur QI, Mylène attrape une petite peluche Marsupilami et continue sa chorégraphie avec ; le public sourit, Mylène s’amuse et ramasse même discrètement un petit mot lancé par un fan qu’elle cache subrepticement dans son décolleté ! Mylène est à l’écoute de son public, elle le laisse chanter et demande à sentir sa présence. Malgré l’énormité du show, la connivence entre la star et son public est palpable à chaque instant.
Mylène démarre ensuite une série de chansons plus douces en faisant une arrivée aérienne remarquée sur un « lustre » géant qui nous survole et se pose sur la scène centrale, toute proche. Ange parle-moi, Redonne-moi, Rêver, L’autre, toutes sont sobrement interprétées en piano-voix. L’interprétation est parfaite, Mylène a peaufiné son apparence, elle porte des cuissardes et une veste-robe mauve impeccablement taillée, mais sa voix aussi est largement à la hauteur (ce qui n’a pas toujours été le cas en 96 et 99). La chanson L’autre est un grand moment durant lequel Mylène semble plus émue par ses paroles et très investie. Le public ressent cela et n’en est que plus à l’écoute. Désenchantée, toujours sur la scène centrale et face au public du fond de Bercy, rompt avec la langueur des morceaux précédents. Dans une version survoltée, qui reprend la chorégraphie de 1996, elle redonne au public une occasion de chanter en choeur et de rester debout durant plus d’une dizaine de minutes après plusieurs rappels.
Un autre décor et une autre ambiance reprennent sur la scène principale où Mylène apparaît cette fois tout de noir, nuisette en dentelle, mini short, petit haut et bottes simili cuir. Nobody Knows, Je t’aime mélancolie, L’amour n’est rien, nous replonge ainsi dans des chansons aux paroles plus subversives. Avec Déshabillez-moi, Mylène joue toujours plus de sa sensualité (comme ce fût le cas, mais différemment en 1989) et le public conquis en redemande, puis sans la présence de Seal, elle interprète avec son batteur, Abraham Laboriel Jr, Les Mots. Le titre phare du dernier album, Fuck them all, marque alors la proche fin du concert. Tous les danseurs sont réunis sur scène, les hommes usent de machisme avec leur chemise noire déboutonnée, les femmes se font geishas aux manches démesurées. Mylène parcoure les deux scènes et retrouve une dernière fois tout son public. Elle quitte la scène principale, qui ne se rallume que pour une dernière chanson : Avant que l’ombre.
Sur ce titre, le final est éblouissant. Mylène en kimono rouge orangé se trouve derrière un fin « mur » d’eau qui projette son image en gros plan. Le rideau s’ouvre, elle s’avance devant son public. L’eau forme ensuite à plusieurs reprises le mot « passé » (en même temps que les paroles de la chanson) et la silhouette de la chanteuse par un procédé technique incroyable. Sur les dernières notes, Mylène quitte la scène en gravissant un escalier interminable où elle abandonne sa tenue pour n’être plus vêtue que d’une fine tenue dorés. Son ascension terminée, elle surplombe de profil son public alors que la porte se referme pour la laisser disparaître. Avant que l’ombre, je sais que j’ai, que nous avons tous aimé…
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